Éditorial

C.G. Jung, Le Rouge et le Noir à la Fondation Martin Bodmer

C.G. Jung, Le Rouge et le Noir à la Fondation Martin Bodmer

La Fondation Martin Bodmer commémore son 40ème anniversaire avec l’exposition Le Rouge et le Noir sur l’œuvre de Jung en général et par la présentation de son énigmatique Livre Rouge en particulier.

Quelle meilleure occasion que cet anniversaire de la Fondation que Martin Bodmer fonda, un an avant sa mort, pour remémorer son amour de la littérature universelle? Une expression si chère a Goethe qui se voit sublimée dans l’œuvre de Carl Gustav Jung. Bodmer et Jung se connaissaient et ce rapprochement zurichois avec Genève honore la relation entre ces deux intellectuels humanistes exceptionnels.

Jung fut l’un des précurseurs de la formalisation d’un nouveau type de psychothérapie: la psychopathologie et la psychanalyse. La légende veut qu’il soit le fils et l’héritier naturel de Freud avec qui il échangea beaucoup dans leurs recherches sur l’inconscient collectif. Il peignait, écrivit et produit du savoir académique ainsi qu’une production philosophique très riche, que cette exposition se donne comme but de faire connaître et comme rêve de faire saisir.
C.G. Jung, le Rouge et le Noir s’articule autour de la présentation du Livre Rouge de Jung, un livre mystérieux qu’il commença à rédiger en 1930, interrompu pendant la guerre et repris en 1959. Le Livre Rouge est resté longtemps à l’abri du regard des profanes. Il est fondamental par le fait que Jung y déploie et décrit son intimité. C’est une plongée dans les abîmes intérieurs, une sorte de Descente aux Enfers avec Homère et Virgile qui ne serait pas exemptée d’un parallèle avec la tradition chrétienne de Dante et de Goethe. Ce livre, paré d’images oniriques, mythiques et symboliques flirtant avec ésotérisme et alchimie, écrit de sa main dans une calligraphie énigmatiquement soignée, est un réel chef-d’œuvre qui n’a d’égal en profondeur que les vicissitudes de ce qu’il y a au plus profond de l’âme humaine.

Jung fait partie des philosophes et hommes de science de la trempe de Leibniz à Nietzsche en passant par Janet et Freud, sa pensée s’efforçant de montrer que l’esprit humain ne pouvait pas se laisser réduire à son activité consciente, mais qu’une autre voix parlait en nous. Est-ce que cet inconscient est collectif, serait-ce le fameux sens commun intuitif que l’on reçoit de l’évolution comme une sorte de prédétermination dans nos gênes mais au niveau de l’esprit? Est-ce que ce sens commun pourrait expliquer les comportements sociaux, voire individuels? Est-ce que ça marcherait dans les deux sens?

L’histoire de la pensée humaine a son siège dans l’âme, dit le Professeur Shamdasani, commissaire de l'exposition et éditeur du Livre Rouge, qui a exploité la biographie intellectuelle de Jung en retraçant ses rencontres déterminantes avec des livres et des contemporains. Le Livre Rouge comporte un très large spectre de sujets traités et sa conception même est une expérience littéraire qui puise dans différentes formes d’expression. Les carnets de Jung sur l’alchimie seront aussi examinés pour voir comment il arrive à confondre la signification symbolique de l’alchimie avec une quête de développement de soi-même.

Jung s’inspire de sources semblant superficiellement éparses telles que les visions gnostiques, des textes alchimiques, des pratiques de méditation des sagesses orientales, brahmanisme de l’Inde, du bouddhisme, du taoïsme, du yi-king, etc. Jung est à la recherche de ce tout qui sous-lie et qui renvoie à un inconscient originaire influençant l’histoire de l’Homme en tant qu’individu social. Ce tout cherche à être découvert et redécouvert. Le passé de l’humanité eût-il été d’un seul coup effacé, écrivait Jung en 1912, ce fond de mythologie et de religion resurgirait tout entier à la génération suivante. C’est là que réside l’histoire de la pensée humaine et ce serait dans la psychologie que la notion de littérature universelle chère à Goethe et à Martin Bodmer prendraît son fondement.

Exposition jusqu'au 25 mars 2012

Fondation Martin Bodmer
19-21, rte du Guignard
1223 Cologny (Genève)
Ouvert du mardi au dimanche de 14h. à 18h.
Fermé le lundi et les jours fériés

 

Le Plaisir d’être honnête

La Comédie de Genève présente une œuvre de Luigi Pirandello (1867-1936) intitulée Le plaisir d’être honnête, dans une mise en scène de Marie-José Malis balançant entre drame et légèreté avec une ambiguïté maitrisée. Marie-José Malis a choisi, pour sa deuxième mise en scène, de s’attaquer à la difficulté de lecture et d’interprétation que pose cette œuvre.
 

L’Arlequin recyclé à travers le temps

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Musée de l'Ariana

Baldwin/Guggisberg. Au-delà du verre et Verre de Venise du 20ème siècle

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Hamlet

Aller ou ne pas aller au théâtre? Telle est la question qui ne se pose pas en ce début d’année au Théâtre Forum Meyrin.
 

Ute Lemper, Dernier tango à Berlin

La Voix. Celle d’Ute Lemper fait escale à l’Auditorium Stravinski de Montreux le 21 janvier, unique date prévue en Suisse romande. Un concert acoustique intimiste, voyage dans le temps, qu’elle donnera accompagnée du pianiste Vana Gierig et le maître argentin du bandonéon Tito Castro.
 

Passion: Culture

Passion: Culture est une revue indépendante au service du spectacle vivant, à parution bi-mestrielle (cinq numéros par an de septembre à juin). Diffusée sur l'ensemble de l’arc lémanique, elle a pour vocation d’être un véritable lien entre l’artiste et son public.

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